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L'Illiade, fiche de lecture et résumé.

 
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Hermès



Inscrit le: 12 Mar 2007
Messages: 6

MessagePosté le: Dim Mar 18, 2007 6:28 pm    Sujet du message: L'Illiade, fiche de lecture et résumé. Répondre en citant

Attention, ceci n'est absolument pas terminé, merci d'en tenir compte dans vos critiques débridées Very Happy


I : L'auteur :
Peu de choses à dire sur Homère.
Le débat sur lui remonte à l'antiquité, et certaines thèses vont même jusqu'à nier qu'il ait eu une existence réelle.

Toute interprétation est possible ici, ou plutôt, nulle n'est disqualifiable : Pour les unes, Homère a existé, certains ont même rédigé sa biographie (documents jugés peu fiables aujourd'hui). A l'inverse, de nombreuses thèses doutent de l'unité de l'oeuvre, et avancent que les poèmes attribués à Homère seraient des recompositions, voire même lui ôtent la paternité de ses deux oeuvres majeures (l'odyssée aurait ainsi pût être écrite par une femme sicilienne selon certaines thèses).

L'image la plus classique d'Homère le présente comme un poète aveugle de la fin du VIIIème siècle avant JC.
A souligner le caractère symbolique de la cécité, représentée comme la faculté de voir l'invisible transcendant.

Toujours est il que son influence sur le monde Grec est considérable, il est nommé "Le poète" par de nombreux auteurs, et l'adjectif homérique désignait pratiquement la poésie épique en son ensemble.

L'oeuvre :
L'Illiade est un poème, composé de 24 chants (15337 vers), le récit est composé en héxamètres dactyliques (ce type de vers, basé sur des syllabes longues et courtes est inusité en Français malgré certaines tentatives, aujourd'hui perdues de traductions fidèles à la scansion du texte grec).
On situe sa composition entre 850 et 750 avant JC, soit environ quatre siècles après les évenements relatés.
Son nom est tiré du mot "Illion", désigant la ville de Troie.

Le récit :
Il faut ici se garder d'une erreur : l'Illiade n'est pas le récit de la guerre de Troie.

Le récit de l'Illiade débute dans la dixième et dernière année de la guerre, et s'achève à la mort d'Hector, avant même la fin des batailles.
C'est donc un épisode très court, rien n'est dit des causes du conflit, ni de son issue.
Il est donc incorrect de considérer l'Illiade comme la racine du mythe de la guerre de Troie.

Il s'agit de la vision détaillée et artistique d'un épisode de la guerre.
Quoi de plus instructif à ce propos que les premiers vers de l'oeuvre : "Chante, déesse, la colère d'Achille le Péléide, la colère maudite qui causa mille souffrance aux Achéens (...) Oui, prends au tout début, quand la querelle divisa le seigneur suzerain fils d'Atrée et le divin Achille"* ?
Le thème unique de l'auteur est donc la colère d'Achille.
Cependant la connaissance du contexte, de la génèse du conflit semble indispensable pour bien saisir la situation initiale, ainsi suivra un court résumé des évènements de la Guerre de Troie.

* Traduction Louis Bardollet, cette version sera l'unique citée ici.

La guerre de Troie :
Actuellement, les archéologues pensent que la guerre de Troie a réellement eu lieu, mais surement pour de banales causes économiques.
Ne rentrons pas dans les investigations archéologiques, et ne retenons qu'une chose : la guerre de troie telle qu'elle semble s'être déroulée n'a rien à voir avec l'épopée mythique de l'Illiade.
Faire le récit d'un Mythe antique n'est pas chose aisée, nombreux sont les auteurs ayant écrit à ce sujet, et avec eux les versions différentes des évènements du mythe.
Il n'est pas question ici de prétendre les présenter toutes, je présenterai les sources desquelles je m'inspirerai pour les différentes péripéties.

L'origine de la guerre mythique de Troie semble être la discorde entre trois déesses jalouses, c'est l'épisode du jugement de Pâris.
Je me baserai pour cette épisode sur l'oeuvre d'Euripide : Les Troyennes.
L'histoire de la guerre de Troie commence lors du mariage du roi Pélée et de la Néréide Thétis.
De tous les dieux et déesses de l'Olympe, une seule n'est pas conviée : Eris, déesse de la discorde.
Pour se venger de cette mise à l'écart, celle ci jeta une pomme d'or portant l'inscription "à la plus belle" lors du festin.
De là résulte naturellement une compétition entre toutes les déesses présentes, chacune désirant être reconnue comme la plus belle.
Au bout d'un temps, il ne reste que trois prétendentes sérieuses : Héra, Pallas Athéna et Aphrodite.
Elles décident de confier l'Arbitrage à Zeus, lequel préfère ne pas se compromettre et décline l'invitation.
Il leur suggère de recourir au jugement d'un jeune prince de Troie : Pâris (aussi nommé Alexandre).
Les trois déesses se présentent donc devant le jeune prince, chacune promettant quelque chose s'il la désigne.
Héra lui promet de régner sur l'Europe et l'Asie, Athéna lui promet qu'il mènera les Troyens à la victoire contre les Grecs et ruinera la Grèce; Aphrodite lui promet que la plus belle femme du monde sera à lui.
Pâris, de caractêre faible et peu brave, choisit de donner la pomme à Aphrodite.

La plus belle femme du monde était Hélène, fille de Zeus et de Leda, soeur de Castor et Pollux.
Son père putatif, l'époux de sa mère, le roi Tyndare de Sparte, s'inquiétait de ce que tout les princes de Grèce souhaitaient l'épouser.
Il décida, afin de ne pas prendre de risque au moment où il donnerait enfin la main de sa fille, de faire prêter serment à tous les postulants.
Ainsi chaque prince qui désire épouser Hélène de Sparte devra jurer de venir en aide à son futur époux légitime si celle ci est enlevée.
Tyndare choisit alors Ménélas, fils d'Atrée et frère d'Agamemnon, et le fait roi de Sparte.
C'est elle que Pâris enlèvera, comme promis parla déesse Aphrodite.

A l'annonce de l'enlèvement d'Hélène, tous les princes ayant porté serment sont obligés de suivre Ménélas dans son entreprise.
Les plus grands rois le suivent également, trop content de tenir l'occasion de réduire la grande cité Troyenne en cendres.

Deux manquent à l'appel : Achille et Ulysse, ce sont respectivement les personnages principaux de l'Illiade et de l'Odyssée.
Ulysse feint la démence pour ne pas avoir à quitter son foyer. Lorsqu'un messager de l'armée Grec l'aborda, il le trouva en train de labourer un champ et de semer du sel au lieu de grain. Le messager le força alors à donner preuve de sa capacité à raisonner en empoignant le petit Garçon d'Ulysse, Télémaque et en le déposant devant le soc. Aussitôt, le père détourna le soc. Voilà la preuve de sa bonne santé mentale. Ulysse fut alors obligé de suivre l'armée à contrecoeur.
Concernant Achille, c'est sa mère, Thétis qui ne veut pas le voir participer à cette expédition, sachant son destin scellé s'il y prenait part.
Elle l'envoya à la cour du Roi Lycomède, l'obligeant à se vêtir en femme.
Ulysse fut chargé de découvrir sa retraite, c'est ainsi que, guidé par des rumeurs, il se mit en route vers la cour de Lycomède, habillé en colporteur.
Une fois sur place, il y présenta sa marchandise : d'un côté des etoffes et parures, de l'autre des armes.
Il n'eut aucun mal à reconnaitre la seule femme qui s'interessait aux dagues, ni à convaincre l'impétueux Achille d'ignorer les avertissements maternels et d'embarquer pour Troie.

La flotte Grecque, menée par Agamemnon se rassemble à Aulis, lieu de tempêtes et de hautes marées, impossible à quitter tant que souffle le vent du nord.
Or le vent souffla jour après jour sans jamais s'arrêter, provoquant le désarroi dans les rangs de l'armée Grecque.
La situation devint plus claire lorsque Calchas, le devin, annonça qu'Artémis était fâchée, que les Grecs avaient tué une de ses bêtes sauvage, et que la seule solution pour l'apaiser était de sacrifier une jeune princesse vierge : Iphigénie, fille d'Agamemnon.
Concernant cet épisode, ma source est une tragédie du Vème siècle avant JC, l'Agamemnon d'Eschyle.
Agamemnon accepte au prix d'une peine immense (et sous la pression de toute son armée) ce sacrifice.
Il écrit à sa fille en lui annonçant qu'elle épouserait Achille, le plus valeureux des jeunes princes, mais le jour de ce qu'elle croit être ses fiançailles, on la porte sur un autel où elle est égorgée.

C'est ainsi que la flotte Grecque prit le départ.

La guerre dura dix ans, mais les 9 premières années ne sont que très peu détaillées.
Il faut attendre la dixième année du conflit pour voir surgir l'élément auquel le récit de l'Illiade fait suite : la peste d'Apollon.

La raison invoquée le plus souvent de cette peste est l'enlèvement de Chryséis, fille d'un prêtre d'Apollon, par les Grecs.
Celle ci fut donnée à Agamemnon, lequel refusera de la rendre à son père implorant.
Pour se venger, Apollon décoche de son arc des flêches empoisonnées répandant la maladie dans le camp Grec.
L'on touche d'ici du doigt un des aspects frappant de l'oeuvre : le rôle des Dieux.
En effet, le prétexte est bien mince, et il doit être compris comme s'ancrant dans un contexte précis : Apollon aime la ville de Troie, qui le lui rend à travers le culte qu'elle lui voue, il est le protecteur du Prince Hector. L'histoire de Chryséis est donc principalement un élément narratif, qui permet au thème principal de l'Illiade (la colère d'Achille) de s'installer.
Toujours est il que sévira la peste tant que Chryséis n'est pas rendue à son père.

- L'Illiade s'ouvre sur la discussion des rois Grecs, assemblés pour discuter des solutions à apporter au problème majeur qui se pose à eux.
Il y est décidé que Chryséis doit être rendue. La réticence d'Agamemnon fait éclater une violente dispute entre lui et Achille :
"Mais laisse aujourd'hui cette fille au dieu et nous, les Achéens, nous te payerons au triple et au quadruple, si Zeus nous donne de mettre un jour au pillage la Cité de Troie bien remparée(...).
- Tu m'engages à rendre cette fille ? Oui, à condition que les Achéens au grand coeur me donnent une part d'honeur en l'ajustant à mes désirs pour que je trouve compensation(...)
- Oh ! Homme vêtu d'impudence, coeur avide de gain, comment un Achéen peut il par tes paroles se laisser de bon coeur persuader d'aller par les routes ou de mettre sa vigueur à combattre des hommes ?
"
Ce court extrait laisse augurer de la violence de l'altercation.

A l'issue de cette dispute, Agamemnon décide de rendre Chryséis, mais exige que l'on lui apporte Briséis, une jeune fille captive d'Achille.
L'attachement d'Achille pour la captive est grand, et son courroux également.
C'est ainsi qu'Achille décide de ne plus prendre part aux combats et, devant sa mère Thétis, jure de vouloir la perte de l'armée d'Agamemnon.
Pour mettre ce plan à éxécution, Thétis demande à Zeus d'intervenir en faveur des Troyens. Ce dernier, bien que légèrement favorable à Troie hésite à s'engager, son épouse soutenant les Grecs. Il accepte finalement la requète de Thétis, décision contre laquelle s'élève Héra.
Le premier chant s'achève sur la dispute entre Zeus et Hera, ce dernier finissant par menacer son épouse de la battre : "Crains que les Dieux de l'Olympe, autant qu'ils sont, ne te soient d'aucun secours contre mon approche, quand je lancerai sur toi mes mains invincibles".

- Le second chant dépeint le stratagème de Zeus lequel, sachant les Grecs inférieurs aux Troyens en l'absence d'Achille, envoie un songe à Agamemnon lui promettant la victoire s'il attaque dès le lendemain.
C'est ce que décidera le conseil des Grecs.
Après avoir présenté les débats qui firent rage à propos d'Achille, conclus sur l'espoir d'une victoire rapide amené par le songe d'Agamemnon et relayé par Nestor et Ulysse, le chant II se conclut sur les descriptions des peuples composant les deux armées.

- Le chant III est consacré au duel qui oppose Pâris à Ménélas.
C'est le premier qui est à l'origine de ce duel. Réalisant qu'il est seul responsable de cette guerre, et pressés par les invectives de son frère Hector :
"Pâris de malheur, champion de beauté, séducteur fou de femmes, si seulement tu n'étais pas né !", Pâris se propose de régler l'issue de la guerre par un duel entre lui et Ménélas.
Hector propose ce marché aux Grecs, Ménélas accepte. Les deux hommes combattront sous le regard d'Hélène, venue assister à la scène depuis les remparts.
Ce combat n'ira pas à son terme, Aphrodite, craignant pour la vie de Pâris, mal en point, l'entoure d'une épais voile de vapeur et le soustrait au combat.
Le chant s'achève sur la proclamation par Agamemnon de la victoire de Ménélas.

- Le chant IV est intéressant, car il offre l'exemple parfait de l'implication des Dieux dans le conflit.
La guerre aurait put se terminer là, Ménélas était vainqueur, et les deux camps semblait s'accorder sur ce fait. Hélène devait être rendue, et les Grecs laisseraient Troie, et quitteraient la Troade en vainqueurs.
Mais cela, Héra et Athena le refusent. Elles, que Pâris a offensé, souhaitent voir Troie brûler.
Ainsi Héra s'adresse à Athéna : "Essaie d'obtenir que les Troyens prennent l'initiative de mettre à mal les premiers les très glorieux Achéens en violant le pacte."
Elle se rend sur le champ de bataille en empruntant l'apparence d'un guerrier et exhorte Pandaros à rompre le pacte, celui ci s'éxécute et tire une flèche sur Ménélas.
Mais Athéna détourne la flèche, qui ne blesse que superficiellement le Grec.
Agamemnon voit le sang de son frère couler, ordonne qu'on le soigne, et exhorte ses guerriers à combattre.
Le chant se termine sur une longue description de la bataille qui suit, durant laquelle de nombreux personnages "mineurs" trouvent là mort.

- Le chant V dépeint d'abord les exploits de certains héros Grecs, notamment ceux de Diomède.
Diomède sera blessé, mais bénéficiera du secours d'Athena qui envoie dans sa poitrine "l'intrépide ardeur de (son) père telle que la possédait Tydée, conducteur d'attelage, manieur de boucliers."
Diomède combat simultanément Enée et Pandaros, il tue le second et Aphrodite tente d'extraire Enée du champ de bataille, mais Diomède la blesse.
Appolon intervient et emmène Enée.
C'est alors que Diomède aperçoit qu'Arès conbat parmi les Troyens, il amorce un mouvement de recul avant de recevoir l'aide d'Athéna et de combattre le Dieu de la Guere en personne.
Aidé par Athéna, Diomède Arès, qui est contraint de fuir. Ainsi s'achève le cinquième chant.

- Le Chant VI s'ouvre sur une description de combats.
Celle ci s'interrompt lorsque Hélénos conseille à Hector de se rendre à Troie pour faire en sorte qu'une offrande soit faite à Athéna afin de calmer sa colère. Celle ci refusera.
Hector se rend donc à Troie, et exhorte son frère Pâris à reprendre le combat.

- Le Chant VII débute alors qu'Hector et Pâris reviennent dans la bataille.
Le premier sème la terreur dans le camp Grec, à tel point qu'Athéna cherche à s'interposer, mais Appolon, favorable à Troie la retient.
Ils parlent de décident qu'un nouveau duel doit être organisé.
Ils en insufflent l'idée à Hector, lequel s'adresse à haute voix aux Grecs.
C'est Ajax, fils de Télamon qui est désigné.
Le duel est interrompu par la nuit. Les deux camps s'occupent des blessés et des morts, une négociation pour mettre un terme à la guerre échoue.
Les Grecs entament la construction d'un mur pour protéger leurs nefs. C'est ce mur qui précipite la colère de Poséidon : "Ne vois tu pas que les Achéens chevelus ont à leur tour fortifié un mur pour les nefs et mené autour un fossé, sans avoir offert aux Dieux les hécatombes fameuses ?".
Zeus promet à son frère que ce mur sera détruit et causera la perte des Grecs.

- Le Chant VIII débute au matin suivant, Zeus interdit formellement à tout Dieu d'intervenir dans le conflit.
La bataille se poursuit de manière équilibrée jusqu'à l'intervention de Zeus.
Celui ci fait pencher sa balance d'or en faveur des Troyens, et envoie du ciel un éclair sur l'armée Grecque, terrorisant les soldats.
Le reste de ce chant n'est que le récit de la déroute des Grecs, qui tentent vainement de résister mais sont repoussés jusqu'au bord du rivage à la tombée de la nuit, et de la tentative d'intervention de Héra et Athena contenue par zeus.

- Le Chant IX est consacré à la réunion des chefs de guerre Grecs, dépités par la cuisante défaite.
Agamemnon évoque même la possibilité de rentrer, ce qui fait de lui la cible des invectives de Diomède.
Au final, il est décidé d'envoyer une ambassade auprès d'Achille, afin de le supplier de reprendre le combat.
Les discours de Phénix et d'Ulysse seront vains, Achille refusera de reprendre les armes.

- Le Chant X fait le récit de la tentative d'incursion nocturne des Grecs dans le camp que les Troyens ont édifié dans la plaine, près du camp grec.
Diomède est Ulysse y sont envoyés en espion.
De son côté, Hector Dépèche Dolôn pour espionner le camp Grec.
Ulysse et Diomède interceptent l'espion Troyen, lui extorquent des renseignements, puis le tuent sans pitié.
Ils profitent alors de la nuit pour faire un raid dans le camp Thrace, alliés des Troyens.
Ils reviennent chargés d'un gros butin au prix d'un fameux massacre.

- Le Chant XI débute au lendemain suivant, alors que la bataille reprend.
Il y est d'abord question des exploits d'Agamemnon, qui durent jusqu'à l'intervention de Zeus, lequel le frappe d'une douleur aigüe qui le contraint à abandonner le champ de bataille.
Pour le reste, il s'agit surtout de description de combats, au terme desquels les Grecs sont repoussés jusque derrière le mur qu'ils ont érigé.

- Le Chant XII commence par décrire le plan des Troyens pour l'assaut du fossé et du mur Grec.
Par la suite, c'est la bataille en elle même qui est dépeinte, au cours de laquelle les péripéties s'enchainent.
A la fin de ce chant, le mur des Grecs est tombé.

- Le Chant XIII débute par un coup de théatre, Poséidon, jusque là favorable aux Troyens, est pris de pitié et vient en aide aux Grecs, malmenés par son frère.
Il descend sur le champs de bataille et les exhorte à se battre, galvanisant par là leurs dernières forces.
Ainsi, portés par la voix divine, puis par les exploits des Ajax, de Ménélas et d'Antiloque, les Grecs semblent parvenir à retourner la situation.


- Le Chant XIV s'inscrit dans la continuïté, et dépeint la révolte du camp Grec, poussé par Poséidon.
Ce dernier passe outre l'interdiction de Zeus, lequel est victime d'un stratagème mis au point par son épouse, Héra.
Celle ci conclue un pacte avec le sommeil pour endormir son mari et le soustraire à la surveillance du conflit.
Le chant se termine sur la blessure d'Hector par Ajax, fils de Télamon.

- Le Chant XV dépeint le réveil de Zeus, et avec lui ses véhéments reproches à son épouse : "Intraitable Héra, ce sont bien là tes artifices et tes ruses : tu as mis un terme au combat du divin Hector et tu as mis ses gens en fuite. En vérité, je ne sais si tu ne vas pas encore être la première à ressentir les effets des affligeantes combinaisons que tu as lâchement ourdies, et si je ne vais pas prendre mon fouet pour te frapper..."
Une fois son épouse réprimandée, Zeus la renvoie dans l'Olympe, et envoie Iris porter un message à Poséidon, lui mandant de cesser de s'impliquer.
A noter que ce dernier n'accepte pas volontiers, et pense un moment à s'élever contre la voix de son frère, preuve que la suprématie de Zeus peut être remise en cause.
Pour finir, Zeus envoie Apollon combatre auprès d'Hector.
Le mur des Achéens est renversé, et les résistances désespérées de Nestor et d'Ajax sont vaines.
A noter que Zeus annonce dès ce chant la mort de Patrocle, la colère d'Achille, et la mort d'Hector. Il tient dès lors la promesse faites à Thétis que les Grecs paieraient pour l'affront fait à son fils, laissant à celui là le rôle de sauver l'armée d'Agamemnon.

- Le Chant XVI raconte l'intervention de Patrocle.
Celui ci, ne pouvant plus supporter de regarder sans rien faire son armée en déroute, obtient d'Achille le droit de porter ses armes, et de partir au combat.
Il s'illustre en tuant de nombreux Troyens, notamment Sarpédon, mais il est finalement tué par Hector.
C'est le principal tournant de l'Illiade.

- Le Chant XVII débute par le dépouillement de Patrocle par Hector, qui lui ôte ses armes (et donc celles d'Achille) et le revêt.
Les Grecs réussissent à garder les chevaux donnés par Achille à Patrocle, qui ne tombent pas à l'ennemi, ainsi que, après une longue bataille acharnée, le corps de Patrocle lui même.
Antiloque est choisi pour annoncer à Achille la mort de son ami.

- Le Chant XVIII dépeint la réaction d'Achille, et son dialogue avec sa mère.
A la simple vue du fils de Pélée, les troyens sont pris de peur et mettent fin à leur attaque.
Achille sait qu'il mourra s'il fait la guerre, mais il choisit de combattre et de venger la mort de Patrocle : "C'est l'arrêt du destin que, tous deux, nous rougissions la même terre, ici même, en Troade. Moi non plus je ne reviendrai pas, et Pélée, le vieux conducteur d'attelages, ne m'accueillera pas, dans son manoir, ni ma mère Thétis, mais c'est la terre, ici même, qui m'aura."
Thétis se rend auprès d'Hephaïstos afin de l'implorer de fabriquer de nouvelles armes à son fils.
Celui ci accepte et la déesse repart avec des armes flamboyantes.

- Le Chant XIX s'ouvre sur le don des armes frâichement forgées à Achille.
Achille et Agamemnon se réconcilient, le second rendant Briséis au premier, cete dernière verse des larmes sur le corps de Patrocle.
Achille se prépare au combat, son cheval, à qui Héra avait donné la parole, lui prédit la mort : "Oui sûrement, aujourd'hui encore, nous assurerons ton salut, puissant Achille. Mais le jour de ta mort est proche. Crois moi, nous n'en sommes pas cause : c'est le grand dieu et la force du destin."

- Le Chant XX présente un revirement assez étonnant de la part de Zeus.
Celui ci convoque les dieux et leur permet de descendre dans la plaine pour combattre auprès des mortels, car "Si Achille se bat, fût-il seul, contre les Troyens, ils ne tiendront pas devant le fils de Pélée aux pieds prompts, pas même un court instant".
Ainsi les dieux se préparent au combat : Héra, Athéna, Hermès, Poséidon et Héphaïstos du côté Grec; Arès, Apollon, Artémis, Léto, le Xanthe et Aphrodite du côté Troyens.
Les Dieux s'affrontent : Apollon face à Poséidon, Enyalios (semble-t-il un autre nom d'Arès) face à Athéna, Héra face à Artémis, Léto face à Hermès, Héphaïstos face au Xanthe (le fleuve que les hommes nomment le scamandre).
Apollon exhorte Enée à combattre Achille : "On dit bien que tu es né d'Aphrodite, la fille de Zeus. Lui, il sort d'une déesse qui vaut moins. L'une est fille de Zeus, l'autre du vieillard marin."
Achille triomphe d'Enée, et s'apprête à le tuer, lorsqu'intervient Poséidon, ému du sort du jeune Troyen, trompé par Apollon, qui le soustrait à la mort en le soulevant du sol.
Le reste du chant décrit Achille massacrant les Troyens.

- Le Chant XXI poursuit sur la lignée du précédant, et présente Achille massacrant des Troyens dans le Scamandre (ou Xanthe).
Il y tue notamment Lycaon et Astéropaïos.
Mais le Xanthe s'oppose au fils de Pélée, et le prend au piège dans ses remous.
Il faut l'intervention d'Héphaïstos qui brûle le fleuve de son feu divin pour faire cesser le divin fleuve.
Par la suite, on assiste à des batailles de dieux : Athéna blesse Arès et Aphrodite, Apollon refuse de combattre Poséidon, Hermès en fait de même tandis qu'Héra frappe Artémis, laquelle va pleurer sur les genoux de son père.
Voyant Achille ravager les Troyens, Apollon décide de ruser.
Il convainct Priam d'ouvrir les portes de sa cité afin d'abriter ses troupes et, prenant l'allure d'un troyen, se fait suivre d'Achille lequel, incapable de rattraper un dieu, est tenu à l'écart des portes d'Illion.

- Le Chant XXII est celui de la mort d'Hector.
Au commencement, Achille découvre la supercherie d'Apollon.
Il l'invective et se dirige rapidement vers les portes de la ville.
Voyant le Péléide se diriger ainsi vers Troie, Priam supplie son fils Hector : "Hector, mon enfant, fais le pour moi : n'attends pas cet homme, étant seul, loin des autres, pour ne pas rencontrer bientôt ton destin, soumis au joug du fils de Pélée."
Mais Hector décide de combattre, mais fuit devant l'arrivée d'Achille.
S'engage alors une poursuite, à laquelle Athéna met un terme, persuadant Hector de s'arrêter sous les traits de Déiphobe.
Hector se décide à faire face à son adversaire, et lui propose un pacte : "Je ne te fuirai plus, fils de Pélée, comme je l'ai fait jusque là, quand par trois fois la crainte m'a chassé autour de la grande ville de Priam et que jamais je n'osais attendre de pied ferme ton attaque. A présent, au contraire, mon coeur m'a incité à me dresser en face de toi. Il se peut que je tromphe ou que je sois ta proie. Allons, ajoutons y l'intervention de dieux, car ils seront les meilleurs témoins et veilleront le mieux sur notre ajustement. Pour moi, je ne te ferai pas subir d'outrages terrifiants, si Zeus me donne de tenir jusqu'au boutet si je t'ôte la vie. Quand je t'aurai dépouilé de tes armes fameuses, Achilleje rendrai ton cadavre aux Achéens. Et toi, fais en de même."
Achille refuse : "Hector, éxécrable Hector, ne me parle pas d'accord. Car il n'est pas de pacte loyal entre les lons et les hommes."
Le combat s'engage, Achille triomphe en profitant de l'unique faiblesse de son ancienne armure, dérobée par Hector à Patrocle et perce le corps du troyen de sa javeline à hauteur de la clavicule.
Hector le supplie dans un dernier souffle : "Par ta vie, par tes genoux, par tes parents, je t'en supplie : ne laisse pas les chiens me déchirer, près des nefs des Achéens."
La réponse d'Achille est cinglante : "Ne m'implore pas, chien, par mes genoux ni mes parents. (...) elle ne te déposera pas sur le lit, pour sangloter sur toi, ton auguste mère, qui t'a, elle, mis au monde. Non, les chiens et les oiseaux te déchireront tout entier."
Hector l'avertit alors avant de mourir : "Prends garde, à présent, que je ne devienne pour toi une cause de la colère des dieux, ce jour là où Pâris et Phoïbos Apollon, tout brave que tu es, te feront périr, aux portes Scées"
Ignorant l'avertissement, Achille perce les tendons d'Hector du talon à la cheville, y adapte des courroies, les attache à son char, et traîne le fils de Priam derrière lui jusqu'au camp Grec.

- Le Chant XXIII dépeint les funérailles de Patrocle, ainsi que les jeux organisés par Achille en son honneur.
Aphrodite veille sur le cadavre d'Hector.
Diomède remporte la course de Char; Epéios gagne au pugilat; Ulysse et Ajax, fils de Télamon ne peuvent se départager à la lutte; Ulysse, bénéficiant de l'aide d'Athéna remporte la course à pied, Diomède et Ajax, fils de Télamon livrent un combat armé interrompu mais dont l'issue penchait en faveur du premier, Polypoïtès remporte le lancé du disque; Merionès le tir à l'arc; Agamemnon est déclaré vainqueur du lancé de Javeline.

- Le Chant XXIV change radicalement de ton.
Après cet interlude, Achille recommence à outrager le cadavre d'Hector, protégé des sévices par Apollon.
Les immortels s'émeuvent pour la plupart du sort d'Hector.
Zeus demande à Thétis de convaincre son fils de rendre le corps, et à Iris de demander à Priam de venir lui même chercher le corps de son fils.
Achille accepte de rendre le corps.
Le roi Priam, guidé par Hermès vient en personne récupérer le corps de son fils dans le camp Grec.
Il s'entretient avec Achille, et ce dernier lui garantit la sécurité de son retour à Troie, ainsi qu'une trève de onze jours pour célébrer les funérailles du prince Hector.
C'est sur la description de ces funérailles que s'achève l'oeuvre.

L'Iliade, jour après jour:
Au final, le récit de l'Illiade s'étend sur environ 51 jours, dont 22 dans le premier chant, 5 dans les champs II à XXII, et les reste dans les deux derniers.
On a donc une construction assez nette, composée d'un prologue, d'un développement, et d'un épilogue.

Jours 1 à 22 : La peste, la querelle d'Achille et d'Agamemnon, la requête de Thétis (Chant 1)
Jour 23 : Début des combats, duel entre Ménélas et Pâris, blessure d'Aphrodite et d'Arès, duel entre Ajax et Hector interrompu par la nuit (Chants II à VII)
Jour 24 : Trêve, construction du mur grec, colère de Poséidon (Fin du chant VII)
Jour 25 : La bataille tourne à l'avantage de Troie, Ambassade chez Achille, incursion de Diomède et Ulysse (Chants VIII à X)
Jour 26 : Attaque du mur, Héra trompe Zeus, Patrocle intervient, se bat et meurt, Achille reçoit ses armes(Chants XI à XVIII)
Jour 27 : Exploits d'Achille, combat des dieux, Achille dans le Scamandre, Achille tue Hector (Chants XIX à XXII)
Jours 28 à 39 : Jeux et funérailles de Patrocle(Chant XXIII)
Jour 40 : Priam vient récupérer le corps de son fils chez Achille(Chant XXIV).
Jours 41 à 51 : Deuil à Troie et funérailles d'Hector (ChantXXIV)
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"Héra se rendit vers les nefs assemblées, ainsi que Pallas Athéna, Poséidon qui secoue la terre, et Hermès, le bon coureur, qui l'emporte sur tous pour la pénétration de la pensée"
Homère, L'Illiade XX 33
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